Bretagne

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S. Harel : résumé Imprimer Envoyer
Écrit par LEROY Fabien   
  • Retour sur la conférence de Sébastien Harel qui s'est déroulée le mardi 2 octobre 2018 au MO Café, devant une trentaine de personnes.
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  • C.O. : questionnement sur l’approche scolaire.
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  • Sébastien Harel a ouvert la saison des conférences du site de Brest de l’AEEPS Bretagne en nous interrogeant sur la pertinence de l’approche scolaire de la C.O. telle qu’elle est définit dans les programmes. En comparant son activité de pratiquant expert avec les réalités du terrain scolaire, il n’hésite pas à remettre en question la notion de la nécessité de prendre des décisions en amont de la course mise en avant par le législateur.
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  • Dans un premier temps, il a défini les 3 pôles qui définissent le coureur d’orientation et de manière plus générale le pratiquant d’APPN. Ainsi, ce dernier est caractérisé par:
  • - une activité adaptative de navigation :
    • -> s’informer et percevoir (= qui correspond à la culture scolaire)
    • -> faire des choix et décider (= activité prioritaire de l’expert)
  • - une activité adaptative de déplacement :
  •           -> s’équilibrer et se déplacer (= motricité)
  •           -> gérer son énergie (= pas l’essentiel en scolaire)
  • - une activité de mise en jeu de soi:
    • -> prendre des risques, s’engager, vivre des émotions, agir en sécurité
  • Des choix sont donc à réaliser au sein des ces 3 pôles.
  • En ce qui concerne la mise en jeu de soi, il pense que laisser l’élève se perdre est essentiel à condition évidemment de sécuriser le terrain. Ainsi, donner des repères quand on se perd en C.O. pour permettre de se retrouver (ou chuter en escalade ou encore dessaler en kayak) permet de vivre l’émotion dans l’activité et donne du sens à la sécurité en étant mise en jeu. En ce qui concerne la motricité, courir la carte devant soi est primordial (technique du Plier Orienter Pouce) : quand vous utilisez un GPS dans une voiture, celui-ci est placé devant vous ! Avoir un pied réactif par rapport au sol peut également être un objectif d’apprentissage si le temps le permet.
  • Dans un deuxième temps, il s’est interrogé sur la demande institutionnelle. Il met en avant l’importance accordée à la construction du parcours en amont (« planifier », « anticiper », « prévoir un itinéraire », « construire une stratégie ») au détriment, selon lui, d’une réelle prise d’information dans la course permettant de décider dans l’action. La course au score proposée au baccalauréat met en avant cette prise décision. Mais, dans la pratique sociale, cette analyse est très difficile. Se pose donc son intérêt à l’école. En effet, une prise de décision est une prise de risque et donc un renoncement à un autre choix. Cela se fait par rapport à sa mise en mémoire, à son expérience sinon il s’agit d’un aléa. Il est donc nécessaire de construire cette expérience. Or pour la construire, il faut vivre des expériences et donc, en CO, permettre aux élèves d’effectuer toujours des relations carte/terrain. Il apparaît alors essentiel de faire partir les élèves de suite sur des parcours : il faut arrêter de vouloir à tout prix penser en amont ! Par contre, l’activité de débriefing après la course pour repenser le chemin emprunté est essentiel afin de donner du sens à l’activité du coureur et créer cette expérience.
  • Dans un dernier temps, il a présenté des situations de terrain pouvant être mises en place afin de s’attarder sur l’apprentissage du choix et de la décision dans la course : transformer les cartes pour simplifier le complexe (ne représenter que les bâtiments, le relief…), la carte couloir ou corridor, par 2 avec un élève qui guide l’autre, un suivi d’itinéraire…
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  • La conférence s’est suivie de plusieurs questions auxquelles a répondu Sébastien. Au cours de son intervention, il a donné quelques références : Ocad et Open Orienteering mapper qui sont des logiciels permettant de travailler les carte mais sont payantes. Il a également évoquer Martin Mottet, une référence en C.O.
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