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Un questionnaire et un programme pour exploiter les sensiblités mobilisatrices Imprimer Envoyer
Écrit par Mathieu Chantalle   

Le plaisir de pratiquer signifie-t-il la même chose pour l’ensemble des élèves ? S’il est vrai que le plaisir ressenti peut difficilement être indépendant de la réussite, des tendances différentes se manifestent. Les élèves peuvent avoir des sensibilités différentes qui détermineront en partie leur engagement, et donc une forme singulière de plaisir.

Nous repérons différentes sensibilités mobilisatrices qui peuvent se combiner :

  • Une sensibilité à la pratique compétitive. L’attraction de la victoire fascine, ce qui compte c’est le plaisir et le désir de gagner : « J’aime le badminton parce que je gagne très souvent ».
  • Une sensibilité aux formes ludiques. Le jeu en lui-même et pour lui-même dans sa forme autotélique satisfait pleinement, ce qui compte c’est le plaisir et le désir de jouer : « J’adore le tennis de table parce que j’aime bien jouer avec un adversaire ». 
  • Une sensibilité à une approche conviviale. Une pratique physique oui, mais avec d’autres ! C’est le plaisir et le désir de partager sa pratique : « J’aime faire de l’acrosport car je suis avec mes amies et c’est le sport où je me débrouille le mieux ». 
  • Une sensibilité à une maîtrise technique. Apprendre et réussir un projet à sa portée, voilà l’enjeu. Ce qui compte c’est de parvenir à l’objectif qu’on s’est fixé, soit le plaisir et le désir de réaliser un projet personnel d’apprentissage moteur : « j’ai du plaisir en volley car c’est le sport où j’ai appris le plus », soit le plaisir et le désir de réussir un défi à soi-même : « j’ai adoré la natation, car je ne savais pas bien nager mais maintenant je sais très bien nager ». 
  • Une sensibilité à la réalisation d’exploit « sportif ». Réussir une épreuve difficile ou une performance remarquable, voilà ce qui mobilise certains élèves. Le plaisir et le désir d’être reconnu, d’être fier de soi, voire d’épater ses copains : « J’ai aimé le badminton parce qu’on pouvait smasher et c’est génial ! ». 
  • Une sensibilité à des sensations corporelles. Ce qui poussent certains à agir, c’est à la fois le plaisir et le désir de ressentir des émotions fortes (vertige par exemple) et de percevoir certaines sensations kinesthésiques (glisse, puissance ou vitesse par exemple) : « j’aime tirer de toutes mes forces, c’est ce qui me plaît le plus en handball ». Cela ne signifie pas que l’état de plaisir est de nature différente mais qu’il est engendré par des sources distinctes qui s’interpénètrent et peuvent être associées mutuellement. Le plaisir des élèves en EPS est un plaisir ludopraxique. C’est un cheminement émotionnel intime et intense résultant d’une rencontre entre les mobiles d’action de l’élève et les sollicitations provenant du milieu didactique proposé par l’enseignant. La question qui se pose est donc de savoir comment intégrer ces sensibilités mobilisatrices dans l’élaboration de formes scolaires de pratique adaptées à nos classes ?

Peut-on essayer d’estimer les sensibilités mobilisatrices dans une classe ?-on essayer d’estimer les sensibilités mobilisatrices dans une classe ?

L’enseignant doit pouvoir repérer les différentes sensibilités de ses élèves au plaisir dans la pratique sportive, et connaître le profil de sa classe au regard des émotions positives qui mobilisent plus particulièrement son groupe. Pour cela nous avons essayé de concevoir un outil facile à mettre en œuvre et rapidement exploitable à partir d’un icon questionnaire

• Comment exploiter ce questionnaire ? L’exploitation manuelle de ce questionnaire pour une classe est assez longue et un peu compliquée à décrire. Nous avons donc élaboré unicon petit programme Excel à partir d’une matrice de recueil permettant de faire apparaître le profil dominant de la classe.