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Plaisir en EPS - Présentation
Une nouvelle dynamique Imprimer Envoyer

Lorsqu’il a été créé en 2002 par Guy Haye, nous n’imaginions pas qu’il puisse avoir un certain retentissement dans la profession tant la question du plaisir dans l’enseignement de l’EPS est ambiguë. En effet, soit le plaisir est soigneusement ignoré, absent, voire entravé ou méprisé, car il ne reflète pas a priori les valeurs de l’école : rigueur, travail, sérieux, effort. Il est alors considéré comme est un élément perturbateur de l’action et de l’apprentissage. Soit le plaisir est admis mais non utilisé considérant qu’il est naturellement présent dans les pratiques sportives quelles qu’elles soient. Comme le rappelle les programmes de collège 1996, « Elles (Les APSA) permettent à tous les élèves de s’éprouver physiquement et de mieux se connaître en vivant des expériences variées et originales, sources d’émotion et de plaisir ». Dans ce cas le plaisir est considéré seulement comme une conséquence de l’action mais non comme un déclencheur d’apprentissage, un moteur du progrès. Il était donc important que le principal centre d’intérêt du groupe soit de se focaliser sur le plaisir à pratiquer des élèves en EPS et sur le rôle qu’il joue dans le processus éduquer-apprendre. Les plaisirs liés à l’engagement corporel sont spécifiques et doivent être identifiés. Durant les 6 années d’activité, l’intérêt pour travailler sur « le plaisir en EPS » s’est renforcé. Et ce pour plusieurs raisons :

  • L’originalité pour le thème car finalement peu de choses ont été écrites sur le sujet.
  • Les collègues sentent bien sans le crier trop fort que l’orthodoxie scolaire a des limites. Le cœur de notre enseignement est que l’élève sorte du système scolaire avec une estime de soi efficiente et un goût durable à pratiquer.
  • Une curiosité pour ce concept. Le plaisir est un mot simple et familier mais qui recouvre des processus de divers ordres : biologique, psychologique, sociologique, éthiques, etc. Bref, le plaisir a la complexité du vivant et de l’humain. C’est probablement cette complexité qui de manière paradoxale a fait écran à un effort de compréhension rationnelle. Pour alimenter et mener à bien notre réflexion, un certain nombre d’enquêtes ont été conduites :
  • enquêtes locales de Sophie Deslaurier (Plaisir perçu en EPS : quels liens avec la motivation des élèves ?), de Gagnaire-Lavie (Les collégiens éprouvent-ils du plaisir en EPS ?)
  • enquête régionale de JP Colin (Étude de l’activité physique et des habitudes alimentaires et de vie des collégiens et lycéens d’Aquitaine)
  • enquête nationale de l’AEEPS (La sensibilité des enseignants d’EPS au plaisir des élèves) D’autres travaux ont permis de mettre en évidence la multidimensionnalité de la notion de plaisir d’agir en EPS, son rôle essentiel dans l’apprentissage et l’éducation à la santé ainsi que son utilisation réelle par les enseignants selon leur niveau d’expertise. Ces différentes études ont donné lieu à de multiples articles dans la revue Hyper ainsi qu’à un ouvrage collectif « le plaisir des élèves en EPS : futilité ou nécessité ? » (2007), coédité par l’AEEPS et l’AFRAPS. Le groupe s’était fixé un objectif : conclure ce travail de recherche-réflexion-action en 2007 au plus tard par un colloque et une production : les actes du colloque. Ceci a été en partie réalisé puisque les 27, 28, 29 et 30 octobre 2007, se sont déroulées à Montpellier les 6èmes Rencontres AEEPS - 3èmes Biennales de l’AFRAPS qui ont accueilli 150 personnes au total. Pas moins de 10 conférences, 40 communications et 12 ateliers de pratique et témoignages se sont enchaînés durant ces 4 jours. Seule la publication des actes, pour des raisons financières, n’a pu être concrétisée. Cependant le compte rendu de ces journées (articles, diaporamas, photos) peut être consulté à partir du site officiel de l’AEEPS à la rubrique groupes ressources/plaisir en EPS/évènements. Nous avons également participé activement à l’élaboration et la constitution du point de vue de l’AEEPS sur l’EPS lors d’un séminaire des groupes ressources de l’association qui s’est déroulé à Valence les 4 et 5 octobre 2008. Certaines valeurs et propositions liées à notre centre d’intérêt se retrouvent dans le texte de synthèse. Elles permettent de faire avancer dans les esprits l’idée selon laquelle le plaisir d’agir en EPS est en lien direct avec l’effort et la persévérance et qu’il n’est donc pas synonyme d’amusement. Mais l’enjeu de la connaissance du processus de plaisir ne se limite pas à une simple instrumentalisation : régler les problèmes de motivation dans une classe. La question du plaisir ne se résume à la problématique de l’apprentissage. Elle débouche inévitablement sur la question des valeurs, de l’éthique, etc. … donc de l’éducation. Finalement, et c’est sans doute le plus important, l’existence de ce groupe a impulsé une certaine dynamique nationale autour « du plaisir des élèves en EPS ».

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