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6è Rencontres AEEPS/Montpellier-3è Biennale/AFRAPS - COMMUNICATIONS : plaisir dans l'histoire en EP Imprimer Envoyer
Écrit par Mathieu Chantalle   

COMMUNICATIONS : le plaisir dans l'histoire en EP

colloq-2007-le-plaisir-en-epsEntre morale républicaine et plaisir sportif : les origines d'une éducation physique nordiste ambigue (1889-1914)

Jean Bréhon - Prag EPS, Docteur en S.T.A.P.S, UFR STAPS Liévin, Université d’Artois, Atelier SHERPAS, CRESH E.A 4027, Chemin du marquage, 62840 Liévin. 0321458510 ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

Résumé : Dans le Nord, à la Belle-Epoque, les débuts sportifs en milieu scolaire sont précoces : dès 1889, des " traces " d’activités sportives peuvent être repérées dans différents établissements du département. Même s’il semble que les volontés politiques aient incité au développement de la gymnastique scolaire selon une ambition naturellement républicaine et patriotique, " l’anglomanie sportive " est, pourtant, déjà perceptible. Tandis que résonne l’idéologie de la fortification patriotique des corps , dont les responsables de l’Association Régionale des Gymnastes du Nord sont les principaux instigateurs, l’aspect ludique du sport anglais semble prendre la mesure des motivations des jeunes gens, y compris dans le milieu scolaire.

Quel rôle " le plaisir dans la pratique sportive" a-t-il joué dans le processus de transformation de la gymnastique conscriptive, autorisant progressivement le passage à une éducation physique scolaire aux contours pour le moins complexes ?

C’est vraisemblablement dans cet entre-deux, où initiative privée et mouvement de grande envergure se croisent qu’il faut comprendre le développement d’une éducation physique nordiste aux contours hérités, imposés et souhaités, faisant du " plaisir de jouer" une variable d’explication parmi d’autres.

Pour explorer cette situation, plusieurs " terrains " sont, ici, mobilisés : Archives départementales, Archives communales, presse sportive mais aussi bulletins internes de l’Association, autant de matériaux qui permettent de dire, de montrer mais aussi d’expliquer ces transformations à l’origine de l’évolution des pratiques d’éducation physique.

CREPIN (A.), La conscription en débat ou le triple apprentissage de la nation, de la citoyenneté, de la république (1798 /1889), Artois Université, Coll. Histoire, 1998.


colloq-2007-le-plaisir-en-epsLa force et la joie: sport et éducation physique sous le gouvernement du Front Populaire - Entre considérations hygiénistes, humanistes et hédonistes  

Fatia Terfous - ATER, Doctorante en STAPS, Atelier SHERPAS, EA 40 27, Université d’Artois, GEPECS, EA 36 25, Université de Paris V

Résumé : Le 4 juin 1936, Léon Blum forme un gouvernement, dans lequel figure deux Sous-secrétariats d’Etat : le premier, consacré au sport est confié à Léo Lagrange, le second en charge de l’éducation physique à Pierre Dezarnaulds. Dès le 10 juin, Léo Lagrange fixe les grands axes de sa politique : " Notre but simple et humain est de permettre aux masses de la jeunesse française de trouver dans la pratique des sports, la joie, la santé et de construire une organisation des loisirs où les travailleurs puissent trouver une détente et une récompense à leur labeur. " Justifiés par le vote des lois sociales issues des accords de Matignon, ces deux entités ont pour vocation d’encourager le développement des sports et des loisirs. Une simple comparaison avec la Belgique, l’Italie ou l’Allemagne suffit à démontrer les carences de l’administration française en ce domaine. Elément de sauvegarde de la race, d’entretien de la santé, les sports et l’éducation physique doivent aussi constituer une alternative face aux dangers de l’urbanisation et de l’industrialisation, en devenant les rivaux " du sanatorium et de l’hospice ". Si ces fondements sanitaires ne constituent en rien une nouveauté (la lutte contre les fléaux sociaux étant leur caractéristique depuis le XIXe), leurs visées humanistes sont particulièrement valorisées par le pouvoir : moyen de " libération de la jeunesse ", les pratiques sportives en France ne feront pas l’objet d’une " caporalisation " visible dans les états totalitaires, où l’on considère qu’il ne peut y avoir d’armée moderne sans race athlétique. Léo Lagrange s’employant à bannir les routines d’une éducation physique fortement militarisée au profit de conceptions " naturistes ". C’est donc une politique largement fondée sur des valeurs humanistes, s’appuyant sur des fondements hygiénistes et revendiquant des intentions hédonistes que le gouvernement du Front populaire met en place, en considérant le sport, l’éducation physique, le tourisme, l’éducation populaire et les loisirs comme autant de moyens complémentaires et interdépendants. Le but de l’Etat étant de créer les conditions de l’épanouissement d’une " jeunesse saine pour une France heureuse ", et de permettre aux travailleurs mais aussi aux chômeurs de " trouver une détente et une récompense à leur labeur ", afin qu’ils retrouvent " le sens de leur dignité ".