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Colloque de Montpellier 2007
6è Rencontres AEEPS/Montpellier-3è Biennale/AFRAPS - COMMUNICATIONS : plaisir et déplaisir Imprimer Envoyer
Écrit par Mathieu Chantalle   

COMMUNICATIONS : plaisir et déplaisircolloq-2007-le-plaisir-en-eps

 

Le plaisir dans les pratiques, une voie nouvelle d'accès à la finalité de santé

Nelly Lacince -  UFR STAPS de Montpellier

Résumé : Pour le sujet ou la personne, la santé tout comme le plaisir sont déterminés culturellement selon les espaces dans lesquels il s’exprime. Si, " La culture forme les individus et constitue leur système de valeur."(1) , alors la prise en compte du plaisir en Education pour la santé est fondée.

Ainsi, la discipline EPS peut se poser les questions directement liées à ce fait culturel, en réponse au système de valeurs que ces deux concepts font émerger chez le sujet scolaire.

Dès lors, il convient de s’intéresser aux processus mis en œuvre dans ce domaine culturel des pratiques corporelles pour envisager : le rôle - la place attribués au sujet dans le processus de santé et de plaisir en EPS. Si il est vrai que les enseignants d’EPS ont à faire à un sujet de plaisir dans les pratiques physiques qu’ils proposent, le plaisir peut-être alors un moyen d’accessibilité à cette finalité de Santé. Il est dès lors possible d’envisager le dépassement du principe de la relation externe du sujet avec sa santé pour l’amener vers la prise en compte de sa propre santé, l’en rendre auteur. Même si sa caractéristique forte est le risque au nom d’un plaisir immédiat ou d’une émotion forte à vivre.

Les professionnels de santé globale aujourd’hui préfèrent considérer la santé comme un processus d’autodétermination par le sujet lui-même, plus tôt que comme un processus externe de détermination culturelle. Pour autant le culturel doit être le terreau où les questions de santé s’enracinent. Car selon eux ; " … La santé n’est pas un état, contrairement à la chartre de 86, mais plutôt un processus dynamique qui se développe dans une adaptation permanente aux tensions externes et internes. Elle est l’expression concrète, de la réponse, au jour le jour, à la question du pourquoi de l’existence…" (2) .

Dans cette acception, la recherche de plaisir est alors un moyen de questionnement et de réponse à la question de l’existence de chacun au jour le jour. Que serait une vie sans plaisir… Fumer pour certains est un plaisir, pour autant ce plaisir renvoie directement le sujet à la question de sa santé.

Plaisir et Santé ont pour caractéristiques communes : addictions, dépendances, risques. Pour Paul-Laurent Assoun, psychiatre, c’est un symptôme social à l’ordre du jour du malaise de la culture. Malaise dans lequel les pratiques corporelles occupent une place, mais laquelle ?

Lors de notre communication, nous tenterons de dégager des perspectives prenant en compte le désir de l’adolescent de vivre son plaisir dans les pratiques culturelles et scolaires qui lui sont proposées, tout en cherchant à construire le chemin d’une santé globale positive pour son avenir dans nos propositions en EPS.

(1) Extrait de Santé publique du biopouvoir à la démocratie, 1999, p. 82, éd. ENSP Philippe Lecorps, Jean-Bernard Paturet (2) Ibid, p. 13


colloq-2007-le-plaisir-en-eps

icon et icon - Gérer le couple plaisir / insatisfaction chez les élèves en EPS pour dynamiser les apprentissages

Philippe Gagnaire - Professeur EPS, Collège Oradou, Clermont-Ferrand, Membre du groupe " Plaisir " de l’AEEPS ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

Résumé :

* Le plaisir est un préalable à l’action et à l’apprentissage...

  • L’excès de " didactisme " des APSA n’a t’il pas favorisé en EPS le désintérêt progressif des élèves ? La notion de plaisir est quasi inexistante dans les textes institutionnels (sauf 6ème et SEGPA), c’est une notion suspecte, pourtant, hors de l’école, le plaisir est central dans les pratiques sportives et les loisirs.
  • Doit-on commencer nos cycles d’APSA par faire apprendre ou par faire pratiquer ? Enseigner des contenus moteurs à des élèves qui n’en perçoivent ni l’intérêt, ni la nécessité est une démarche pédagogique qui fonctionne à " contre sens ".
  • Il y a une relation étroite entre plaisir et apprentissage : comment tenir les deux, comment naviguer entre Charybde et Scylla, c’est-à-dire sans tomber ni dans le piège de l’hédonisme, ni dans celui du didactisme ?

* ... et l’insatisfaction dynamise le désir de progresser.

  • Le plaisir ne présente t’il pas toutefois des limites à la dynamique d’apprentissage s’il n’apporte qu’une satisfaction immédiate ? L’élève s’amuse mais ne cherche pas à progresser. Il faut donc introduire progressivement, par une dose homéopathique d’insatisfaction, les germes d’un plaisir différé afin de susciter un nouveau désir.
  • L’insatisfaction peut donc, dans certaines conditions, être considérée comme une émotion positive dans la mesure où le plaisir attendu en retour, le plaisir différé, est supérieur à la frustration ressentie. Cette insatisfaction mobilise pour apprendre.

* D’où la dialogique plaisir/insatisfaction comme moteur d’évolution des conduites.

A partir d’exemples concrets en tennis de table, nous illustrerons, dans cette communication pédagogique, la conception ci-dessus. Comment, à chaque étape adaptative en tennis de table, (r)éveiller le plaisir d’agir et amplifier des sentiments d’insatisfaction grâce à l’élaboration d’outils spécifiques complémentaires : des formes scolaires de pratique et des épreuves - preuves. Ceux-ci visent à faire vivre aux élèves des expériences particulières susceptibles de mieux les engager dans une spirale de progrès.

Bibliographie : GAGNAIRE Ph., LAVIE F., Cultiver le plaisir des élèves en EPS, une condition pour l’apprentissage, in Le plaisir des élèves en EPS. Futilité ou nécessité ?, coéditions AEEPS - AFRAPS, octobre 2007, p181 - 195.

Cette communication précède et s’articule à celle de F. LAVIE : Mieux prendre en compte le plaisir des élèves en EPS.


 colloq-2007-le-plaisir-en-epsicon - Comme je ne prenais aucun plaisir en EPS, j'ai fait du yoga

André Delobbe - docteur es sciences physiques, Jeune Equipe Sant.E.Si.H, UFR-STAPS, IUFM, Montpellier

Résumé : Dès que j’ai fait de la gymnastique et des sports collectifs en 6e, j’ai souffert de courbatures lorsque je faisais un effort musculaire même faible. Elles se prolongeaient des jours et des jours, et réapparaissaient quand je refaisais le même effort sans que jamais je ne constate le moindre progrès. Ces douleurs m’empêchaient de me concentrer sur mes études puis plus tard sur ma vie professionnelle. De plus, je me heurtais à l’opinion générale qui voulait que les courbatures soient indispensables pour la progression dans le sport. Ni mes parents, ni mes profs d’EPS n’ont été conscients du problème. Avec le recul, je suppose que je souffrais d’une hypersensibilité que l’on retrouve dans la fibromyalgie par exemple.

Vingt ans plus tard, après avoir fait du training autogène de Schultz pour résoudre un certain nombre de problèmes psychologiques et au cours d’une psychanalyse, je me suis mis au yoga. J’ai tout de suite éprouvé un très grand plaisir à cette pratique. J’ai tout de suite recherché dans les différentes postures du yoga les sensations que préconise Schultz (lourdeur et chaleur). J’y suis très bien arrivé dans les positions faciles. C’était très agréable. Pour les postures plus difficiles, le plaisir se produit quand on les quitte.

On peut répartir les méthodes de relaxation en deux groupes : les méthodes générales (où l’on recherche une détente globale, comme dans le training autogène de Schultz ou la sophrologie de Caycedo) et les méthodes analytiques (où l’on contracte puis on détend les muscles actionnant une articulation, méthode de Jacobson). Le yoga apparaît comme classable dans les deux groupes. Outre un grand plaisir, on obtient une diminution des réflexes myotatiques et donc une meilleure souplesse. Il peut apparaître comme une gymnastique où l’on essaye de détendre à peu près tous les muscles (les yeux, les cordes vocales, le périnée, et même le tube digestif, l’œsophage par le " ramonage " et le reste du tractus par la pratique des jeûnes…). Par contre, le yoga, contrairement aux gymnastiques est une recherche de l’immobilité pour " vaincre la mort ".

Les plaisirs apportés par le yoga sont aussi peu décrits que ceux éprouvés lors d’une séance d’EPS (Hayes). Beaucoup de yogistes s’abritent derrière la notion d’énergie qu’ils ont beaucoup de difficultés à définir. Dans mon cas, j’insisterai sur le plaisir de se sentir plus grand, de respirer infiniment plus facilement, d’avoir l’impression que je suis " respiré ", que je suis " agi ". Il m’est aussi arrivé d’avoir des sortes d’hallucinations (proprioceptives, kinesthésiques, visuelles, gustatives et auditives) de quelques fractions de secondes.

Les premiers plaisirs associés au yoga que je viens de citer sont à peu près les mêmes que ceux qu’on peut éprouver lors d’autres pratiques corporelles, en EPS. Cette impression d’être " agi " est probablement comparable à ce qui peut être éprouvé dans le " second souffle ". C’est aussi à rapprocher du sentiment océanique (Freud) et de l’espace transitionnel (Winnicott).

Bibliographie:

  • Delobbe A., Le yoga au risque de la psychanalyse et de la science occidentale, L’harmattan, 2000.
  • Hayes G., Introduction à l’étude des plaisirs des pratiquants, in Le développement du sport, Corps et Culture n°1, 1995.
  • Freud S., Malaise dans la civilisation, 1929, trad. Payot, 1965.
  • Marie J-F., Plaisir imaginaire et imaginaire du plaisir in Plaisirs du corps, plaisirs du sport, Corps et Culture n°2, 1997.
  • Vincent J-D., in Hissard M-J. Les relaxations thérapeutiques d’aujourd’hui, tome 2, L’harmattan, 1988.
  • Winnicott D., De la pédiatrie à la psychanalyse, 1958, Trad. Petite bibliothèque Payot, 1965.
 
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