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A propos de la rencontre CEDREPS/ Centre EPS et Société Imprimer Envoyer
Écrit par Mathieu Chantalle   

A la demande du Centre EPS et Société, le CEDREPS rencontrait à l’IUFM de Lyon, le jeudi 10 juin 2010, une délégation de ce collectif.

 

Compte-rendu de la rencontre

Participants :

CEDREPS/AEEPS : Bonnefoy Georges ; Coston Alain ; Dhellemmes Raymond ; Nicolas Mascret ; Portes Maurice ; Ubaldi Jean Luc.

Centre EPS et Société : Becker Alain ; Couturier Christian ; Cremonesi Bruno ; Duboz Sylvaine ; Humbert Yvette ; Lepoix Jean Pierre ; Leziart Yvon ; Roger Anne.

Quelques éléments des débats.

Nous avons apprécié la considération et le respect de nos activités et de productions, tels qu’exprimés par les membres du centre EPS et Société. Les échanges ont ainsi été marqués tout au long de nos échanges par ce respect et par une écoute des points de vue de chacun, dans un climat de parfaite convivialité. Ces échanges ont d’abord permis de clarifier et d’expliciter les positions de chacun, ainsi que la nature des liens entretenus par les deux collectifs avec les institutions auxquelles ils sont rattachés : le CEDREPS et l’AEEPS, d’une part ; le Centre EPS et Société et le SNEP d’autre part.

Les nouveaux programmes, le thème du socle commun des connaissances et l’intérêt d’une relance de la réflexion sur un 8ème « pilier », porteur d’une culture corporelle et des APSA ont été abordés. La question du degré de liberté de l’enseignant au regard des textes institutionnels, ainsi que celle de la distance que des groupes de réflexion disciplinaires peuvent également prendre au regard de ces textes, ont fait l’objet de débats animés. De nombreux points de convergences sont apparus à propos des questions évoquées ici.

C’est au sujet de la nature et des dimensions d’une culture scolaire des APSA que des différences d’approches ou des divergences importantes sont apparues.

Comment concevons-nous la relation Formes de pratique scolaire des APSA et Pratiques Sociales de celles-ci ?

Cette question a généré un ensemble d’interrogations qui ont révélé des positionnements forts différents, qui peuvent être l’objet d’éclairages et de débats à venir. Pointons les ici :

  • Quelle conception de la culture scolaire des APSA ? - Peut-on parler de culture corporelle ? - Quid du concept de culturalisme et ses interprétations ? - Les APSA relèvent-elles du patrimoine culturel en tant qu’œuvres ? - Lesquelles répondent à ces propriétés ? - Où situer les pratiques nouvelles ? - A quelles conditions, des pratiques physiques sociales sportives artistiques peuvent elle être considérées comme relevant d’une culture à transmettre ? - Où situer le champ des APDP comme pratiques de développement de la personne ? - Du champ des APDP ? Peut-il exister des formes de pratiques scolaires (ASDEP) qui répondent aux exigences d’une approche culturelle des activités physiques scolaires ?*

Un deuxième ensemble de questions et de divergences est apparu à propos du thème du « savoir s’entraîner physiquement » et des conditions de son enseignement dans un cursus scolaire. Savoir dont seule la discipline EPS est porteuse, et dont l’intérêt est reconnu par tous.

  • Soit le « savoir s’entraîner » peut s’acquérir en étant entraîné par un enseignant, au cours des pratiques scolaires multiples et ceci, quelle que soit l’APSA.
  • Soit ce Savoir est l’objet d’un enseignement spécifique et son acquisition se conçoit à l’occasion de pratiques dont l’objet est très spécifiquement le développement ou l’entretien de ressources bio-fonctionnelles. En milieu scolaire, ces activités sont regroupées sous l’acronyme ASDE, le critère de regroupement est alors le suivant : activité qui vise à produire de façon intentionnelle, un effet sur certaines propriétés de l’activité corporelle objectivement identifiables

Ces deux stratégies s’opposent, la seconde réservant par exemple un statut particulier à cet ensemble de pratiques scolaires rassemblées aujourd’hui dans les programmes dans la catégorie « CC5 ». Le CEDREPS se retrouve dans la seconde proposition, le Centre EPS et société défendant la première. Le débat est ouvert, mais on peut penser que les enseignants pourront, au travers de leurs pratiques professionnelles, apporter quelques arguments d’expériences permettant d’alimenter ce débat. Il y a dix années maintenant que programmes, contenus et référentiels de compétences correspondant à ce champ ont été mis en œuvre et font l’objet de diverses analyses qu’il paraît difficile d’ignorer

Décisions.

Nous avons considéré que cette rencontre avait été utile, marquant une reconnaissance de notre collectif et l’intérêt de nos productions. Nous avons reconnu la nécessité de prolonger ce dialogue sous des formes qui restent à préciser. Nous avons envisagé une production en commun, dont les contours et contenus ne sont pas encore stabilisés, mais qui serait alimentés par des témoignages de pratiques scolaires « exemplaires » du point de vue des innovations dont elles seraient porteuses, intégrant les orientations générales des nouveaux programmes mais s’autorisant des solutions originales et prometteuses. Sur ces témoignages, nos deux collectifs porteraient un regard « croisé », qui serait en quelque sorte un prolongement des débats et questionnements initiés par cette première rencontre.

Georges Bonnefoy. 16.06.2010

* Relisons avec attention le Cahier du CEDRE N° 4 dans lequel nous évoquions quelques unes de ces questions.