S'inscrire pour

Le CEDREPS aussi est CHARLIE Imprimer Envoyer
Écrit par TESTEVUIDE Serge   

Les événements dramatiques récents nous ont profondément touché comme personne, citoyen, et militant de l’EPS. L’école est déjà interpellée et le sera certainement encore plus dans un avenir proche. Dans ce contexte il nous est apparu nécessaire de rappeler quelques éléments fondamentaux des orientations qui animent notre collectif CEDREPS au regard en particulier des valeurs de cette République Laïque violemment agressée. Il nous faut rappeler en quoi nos propositions se réfèrent à un ensemble de valeurs générales.

En premier lieu celles de l’école de la République : liberté, égalité, fraternité ET laïcité.

La Liberté tout d’abord : l’école est là pour aider le jeune citoyen à se constituer comme sujet, à pouvoir accéder par la pensée à une position réflexive et critique sur son activité (corporelle) et celle des autres. Cette liberté d’agir et de penser passe par une émancipation conquise EN EPS dans l’action. Elle s’appuie sur le sens donné à ses actes et à leurs conséquences CONCRÈTES.

L’Égalité ensuite : l’école est là pour permettre à chacun, d’accéder au plus haut niveau de savoirs et de compétences. Les pratiques proposées en EPS mettent certes à jours des inégalités de performances, de capacités. Mais c’est également l’occasion de relativiser échecs et réussites au regard de soi et des autres.

La Fraternité : l’école est là, non pas pour instaurer des rapports de domination, mais de partage, pour aider les élèves à se constituer comme sujet et reconnaître l’autre comme tel, qui est ici et maintenant, et que je n’ai pas choisi. En EPS, s’affronter, mais aussi se soutenir et s’entraider.

La Laïcité enfin, laquelle aujourd’hui nous semble une valeur fondamentale, au sein d’une société ou la tolérance, la liberté de conscience sont menacées, et où les enseignants de toutes les disciplines, de l’EPS donc, se trouvent très concrètement confrontés à des situations remettant en cause ces valeurs.

Nous valoriserons donc une Culture scolaire des APSA, fondée par ces Valeurs fondamentales d’une République que chacun peut contribuer à construire. Les enseignants d’EPS doivent favoriser chez leurs élèves la réalisation et l’affirmation de soi, le goût de l’effort, la construction d’une image positive du corps dans le respect de son intégrité, de celle des autres, de ces valeurs de référence.

Dès 2004 dans le Cahier 4, nous décrivions précisément les propriétés des formes de pratiques scolaires qui permettaient de faire de l’élève « un pratiquant cultivé ». Cette perspective s’est prolongée, approfondie. Ainsi dans le bilan d’étape exprimé en 2010 dans le Cahier 9, nous promouvions « Une EPS dont les élèves ont besoin », une EPS ouverte de façon critique sur toutes les cultures relatives aux activités corporelles, mais pas toutes dans le même temps ni pour les mêmes raisons ». Nous déclinions alors les questions sur lesquelles il convenait de travailler : « Quels sont les enjeux de notre discipline ? Quels contenus disciplinaires en EPS, pour un élève-citoyen? Quels sont les besoins sociétaux auxquels notre discipline pourrait répondre ? ».

Ces questions rendent ainsi nécessaire la mise à jour ce que nous nommons la face cachée de notre matrice disciplinaire. Pour nous, les pratiques physiques scolaires doivent permettre à l’élève, par les savoirs transmis, de devenir ce pratiquant citoyen, responsable, dans une société démocratique et laïque.

Le contexte rappelé ici, cette interpellation de l’école par ces événements, rendent encore plus urgent la recherche de réponses à ces interrogations.

Charlie

Georges BONNEFOY, Michelle COLTICE, Raymond DHELLEMMES, Nicolas MASCRET, Serge TESTEVUIDE, Thierry TRIBALAT.